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FO POLE EMPLOI ILE DE
FRANCE
Ce mardi, à la veille d'un sommet social convoqué par l'Elysée, de nombreuses agences Pôle Emploi devraient être occupées à travers toute la France (retrouvez ici la liste de tous les
lieux de rendez-vous). Un mouvement de contestation auquel participent Agir contre le chômage, Stop Précarité, la CGT chômeurs, ou encore les Indignés.
De quand date l'appel «Occupons Pôle Emploi» et pour quelles raisons a-t-il été lancé ?
Le mot d'ordre a été donné au mois de décembre. Mais l'idée n'est pas nouvelle. Il y a déjà eu des occupations d'agences par des chômeurs dans les années 90 et 2000, notamment pour demander une
prime de fin d'année.
Aujourd'hui, c'est la politique actuelle qui tend à maintenir un haut taux de chômage, que l'on dénonce. Le gouvernement tient un discours en faveur de l'emploi, mais il n'y a pas d'actes
derrière. Ou alors les politiques sont complètement incompétents, depuis le temps. Mais je crois surtout que c'est hypocrite. Les choix qu'ils font sont contraires à leur discours public. Plutôt
que d'agir pour créer des emplois, ils dérégulent l'économie. C'est la logique néolibérale. On garde un niveau de chômage élevé, qui permet une pression à la baisse sur les salaires et une
précarisation des travailleurs. Avec cette action du 17 janvier, on espère peser sur les présidentielles, mais aussi sur les choix économiques des partis actuellement au pouvoir en Europe.
Pourquoi avoir choisi d'occuper les agences Pôle Emploi plutôt qu'une manifestation classique ?
La date n'est pas choisie au hasard : on agit la veille du Sommet pour l'emploi de Nicolas Sarkozy. Et on voulait une action d'ampleur nationale. Donc, c'était plus logique d'occuper Pôle Emploi
que de manifester devant le ministère du Travail.
Et, surtout, on a un deuxième objectif : aller à la rencontre des agents de Pôle Emploi, qui sont en grande souffrance. Leur vocation a changé. Ils ne sont plus là pour aider, mais pour mettre en
place une politique de radiation des chômeurs. En allant dans les agences, on dénonce avec eux le traitement odieux qui est fait aux demandeurs d'emploi. On peut aussi réfléchir à des actes
communs de résistance. Pôle Emploi, c'est aussi symbolique. Comme pour dire : «Ci-gît un ancien service public», devenu une machine à broyer les chômeurs. Car c'est bien cela : aujourd'hui, Pôle
Emploi, c'est la police des miséreux.
Qu'est-ce que vous espérez provoquer avec cette journée d'occupation et quelle suite prévoyez-vous ?
D'abord, il faut savoir que, à Paris, on est dans une logique d'occupation longue. Le rendez-vous est donné à Saint-Lazare à 14 heures et on appelle tous ceux qui seraient disponibles pour rester
la nuit à prévoir un duvet. Dans d'autres villes également, les occupations pourraient se dérouler sur plusieurs jours.
Après, il est difficile de savoir à l'avance l'impact que l'on va avoir. Une telle action s'organise avec l'idée de redonner un élan à la contestation actuelle.On sait bien qu'on ne va pas gagner
tout de suite la bataille contre Nicolas Sarkozy. Mais on vient ajouter notre pierre, notre parole de chômeurs à celle des Indignés, des agents de Pôle Emploi, des parents d'élèves qui
s'inquiètent pour l'avenir de l'école, des infirmières qui voient les hôpitaux mis à mal... Notre action s'inscrit dans une démarche plus large de contestation de différentes politiques qu'on
nous vend aujourd'hui comme les seules possible. Or c'est faux. Voilà ce que nous voulons faire entendre.
Recueilli par Marion
GARREAU