Selon les statistiques publiées hier par le ministère du Travail, 29900 personnes se sont inscrites à Pôle emploi (+ 1,1% par rapport à octobre et + 5,2% sur un an).
Du jamais-vu depuis novembre 1999
Le tableau est encore plus sombre si l’on prend en compte l’ensemble des chômeurs (qu’ils aient eu une activité réduite ou qu’ils soient dispensés de recherche d’emploi) : 4244800 personnes sont aujourd’hui sans emploi en France. Du jamais-vu depuis novembre 1999. Hommes, femmes, seniors… toutes les tranches d’âge et tous les profils sont impactés. Mais, le mois dernier, ce sont les jeunes qui ont payé le plus lourd tribut. Les rangs des moins de 25 ans inscrits au chômage ont ainsi gonflé de + 2,2% en novembre. Un rythme deux fois supérieur à la moyenne. « Les jeunes sont cinq fois plus nombreux à être dans un emploi précaire. Il est logique qu’ils se retrouvent en première ligne quand la situation de l’emploi se retourne », constate Mathieu Plane économiste à l’OFCE (voir interview ci-dessous). Selon Xavier Bertrand, le ministre du Travail, cette nette hausse du chômage est « la conséquence directe du ralentissement de l’activité économique ». Dans les faits, les licenciements pour motifs économiques sont ceux qui progressent le plus : + 11,1% par rapport au mois d’octobre. La preuve que, frappées par la conjoncture difficile, de plus en plus d’entreprises réduisent leurs effectifs.
Xavier Bertrand visite aujourd’hui une agence Pôle emploi à Reims (Champagne) avec Jean Basseres, le nouveau directeur général de l’institution. Objectif : montrer que la mobilisation du gouvernement, à quatre mois de la présidentielle, ne faiblit pas d’un iota. Un tour de chauffe avant la convocation le 18 janvier du sommet sur l’emploi mis en œuvre par le président de la République. « Le gouvernement mène une politique qui ne peut que conduire à la hausse du nombre de demandeurs d’emploi et à l’atonie de la croissance », a réagi hier le député socialiste Alain Vidalies. De son côté, le MoDem a estimé que « la relance organisée par une mobilisation générale de la production » était « la seule perspective crédible face à un chômage d’une telle ampleur ». Quant au FN, il a dénoncé « l’immobilisme » du gouvernement. La situation ne devrait pas s’améliorer dans les mois qui viennent. La récession est devenue une réalité et l’économie française ne donne aucun signe de reprise. 2012 s’annonce difficile.
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