Le conseil d'administration de Pôle emploi, réuni mercredi 14 décembre 2011, a adopté le budget pour 2012 de l'opérateur du service public de l'emploi. Aucune
organisation syndicale siégeant au conseil d'administration n'a voté en faveur du texte : FO, la CFTC et la CFE-CGC se sont abstenues, la CFDT a voté contre le texte. La CGT, absente,
n'a pas pris part au vote. L'État et le patronat (Medef, CGPME, UPA) ayant voté le budget, leurs voix ont permis au texte d'être adopté. En ne votant pas en faveur du budget 2012 de
Pôle emploi, les syndicats entendent ainsi dénoncer la faiblesse des moyens accordés à l'opérateur qu'ils jugent insuffisants au regard de l'évolution du chômage et de la dégradation de
l'emploi attendue pour l'année prochaine.
Pour ces raisons, la CFE-CGC, la CFTC et FO s'étaient déjà abstenues lors du vote par le conseil de la nouvelle convention tripartite État-Unédic-Pôle
emploi pour la période 2012-2014. La CGT avait voté contre, la CFDT étant la seule organisation à voter favorablement.
Cette fois, la CFDT « ne s'est pas prononcée en faveur de ce budget car il n'est pas à la hauteur des enjeux de la crise », indique Laurent Berger, secrétaire national, dans un
communiqué. Il déplore que le budget présenté « n'est pas suffisamment conforme aux orientations fixées par l'État et l'Unédic » dans la nouvelle convention tripartite État-Pôle
emploi-Unédic, notamment en matière de personnalisation de l'accompagnement des demandeurs d'emploi. « Ces objectifs devraient se traduire dans le budget. Or, le document présenté ne
montre pas comment Pôle emploi compte se donner les moyens de les mettre en œuvre », déplore la CFDT, qui « portera ces revendications au sommet social » annoncé pour janvier
2012 par Nicolas Sarkozy, probablement le 18. De plus, « les allocations de solidarité, les mesures anti-crise et les aides pour les demandeurs d'emploi (formations, soutien au permis
de conduire…) diminuent ».
MOYENS HUMAINS
Pour Force ouvrière, « ce vote est dans la droite ligne de l'abstention lors du vote de la convention tripartite », indique Stéphane
Lardy. « Dans ce budget à recettes contraintes, on tape sur les dépenses de fonctionnement. Mais malheureusement, avec ce que nous allons connaître sur le front du chômage dans
les prochains mois, la question des moyens humains finira par se poser », souligne-t-il.
« Ce budget sous-estime largement la recrudescence du chômage prévue pour 2012, qui nécessitera des investissements plus importants et des embauches en conséquence », ajoute de
son côté Laurent Berger (CFDT), qui déplore que « les effectifs vont rester stables en 2012 ». Aucune augmentation des moyens humains n'est en effet prévue par le budget 2012 de
Pôle emploi, qui privilégie un redéploiement en interne de 2 000 équivalents temps plein pour renforcer les équipes au contact des demandeurs d'emploi.
NOUVEAU PRÉSIDENT DU CONSEIL LE 22 DÉCEMBRE
Le conseil d'administration du 14 décembre était par ailleurs le dernier présidé par Dominique-Jean Chertier. Le renouvellement de la présidence du conseil devrait avoir lieu
le 22 décembre prochain, François Nogué, DGRH de la SNCF, étant pour l'heure pressenti pour le poste
Le prochain conseil sera aussi marqué par l'entrée en fonction du nouveau directeur général, Jean Bassères, officiellement nommé en Conseil des ministres ce 14 décembre. L'actuel chef de
l'Inspection générale des Finances, qui a déjà présenté devant le Parlement ses priorités pour Pôle emploi, succédera à Christian Charpy à compter du 19 décembre