Partager l'article ! Le nouveau directeur de Pôle emploi avance en terrain miné: Dans un contexte de h ...
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FRANCE
Dans un contexte de hausse du chômage, la nouvelle feuille de route de Pôle emploi, qu’Acteurs publics s’est procurée et publie en intégralité, entend renforcer l’accompagnement des chômeurs, mais à effectifs constants. Le futur directeur général, Jean Bassères, veut “susciter l’adhésion des collaborateurs”, pour lui indispensable à l’efficacité du service.
Pris en tenailles entre un chômage en constante augmentation et une fusion à mener de front, les agents de Pôle emploi ont parfois eu le plus grand mal à mener correctement leur mission de conseil auprès des demandeurs d’emploi. Trois ans après la fusion, c’est dans un contexte toujours difficile qu’a été signée, le 2 décembre, la nouvelle convention tripartite État-Pôle emploi-Unedic dont Acteurs publics s’est procuré un exemplaire. Crise, chômage en hausse constante et turbulences internes post-fusion rendent toujours aussi difficile le climat à Pôle emploi. De quoi compliquer “l’accélération du retour à l’emploi par un accompagnement dit personnalisé”, l’un des tous premiers objectifs fixés par cette convention.
Cet accompagnement se décompose en deux phases : après avoir été accueilli pour un entretien d’inscription et de diagnostic, chaque demandeur d’emploi est pris en main par un conseiller référent durant toute la durée de son parcours d’accès à l’emploi. À chaque stade, la convention fixe des délais et des objectifs, mesurés par une batterie d’indicateurs. Le délai au terme duquel a été fixé le premier entretien à Pôle emploi a ainsi été fixé à dix jours après le premier contact par la nouvelle convention, contre cinq dans la précédente. Dans la réalité, “ce délai peut parfois atteindre trente jours”, relève Sébastien Socias pour FO, syndicat qui s’est abstenu sur le vote de la convention. “Dans certains cas, il peut même arriver qu’un seul entretien d’inscription ne suffise pas et qu’il en faille un deuxième”, poursuit le syndicaliste. Ce qui repousse d’autant le délai de prise en charge par le conseiller référent.
60 dossiers
Quant à la pertinence du suivi personnalisé, intervenant après le premier entretien, quel que soit le moment, le scepticisme est également de mise chez les syndicats, tant les moyens risquent de manquer, malgré les engagements de la convention. Le suivi et l’accompagnement des demandeurs d’emploi, qui mobilisent environ 6 700 agents, nécessiteront “2 000 équivalents temps plein supplémentaires par rapport à la situation actuelle, soit l’équivalent d’une augmentation de 30 % du temps consacré au suivi et à l’accompagnement”, est-il écrit dans la convention.
Mais les syndicats sont réservés sur ces redéploiements qui se font à effectifs constants et redoutent, à moins d’une embellie sur le front de l’emploi, que les agents ne croulent encore sous les dossiers. Les syndicats savent de quoi ils parlent. Selon la précédente convention, alors que chaque agent devait suivre 60 dossiers, il n’était pas rare que dans la réalité, ce chiffre monte à 200 ou 300. Auditionné le 6 décembre par les députés, le futur directeur général, Jean Bassères, a affirmé qu’il ne faisait pas “un dogme du portefeuille de 60 dossiers par conseiller”, un objectif fixé alors que l’on était “dans l’hypothèse d’un chômage à 5 % et non 9,3 %, comme aujourd’hui”, a-t-il précisé. Il a estimé que le seul maintien des effectifs témoignait “de la priorité accordée par les pouvoirs publics à Pôle emploi”. Pour lui, une seule solution : “s’adapter”, “aider les conseillers à faire des choix”. “Il va falloir être sélectif (...), raisonner à moyens donnés et faire au mieux”, a lancé Jean Bassères.