Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 08:14

 

 

 

 

 

 

Les résultats des Opérateurs Privés de Placement sont moins

 

bons que ceux de Pôle emploi

 

 

Les enquêtes se suivent et leurs résultats convergent. Après les analyses concernant les résultats pour le moins insuffisants, vu le coût très élevé, du contrat d’autonomie, une étude avait mis en évidence des enseignements mitigés pour l’accompagnement des jeunes diplômés : des résultats à court terme plus favorables, mais dont l’effet bénéfique se réduit dans la durée, accompagnés d’un effet d’éviction de jeunes non accompagnés.

 

Maintenant c’est autour de l’action des Opérateurs Privés de Placement mobilisés par Pôle emploi  de faire l’objet d’une évaluation que publie la DARES en ce mois de Janvier 2012

Cette évaluation compare les résultats des  résultats de l’accompagnement de demandeurs d’emploi en difficulté d’insertion orientés soit vers la prestation Trajectoire Emploi mise en oeuvre par des OPP, soit vers la prestation Cap vers l’entreprise, mise en oeuvre par Pôle emploi, ces deux prestations ayant une durée de six mois.

Une évaluation portant sur les résultats en terme d’insertion et de stabilisation dans l’emploi, à 8, 13 et 18 mois a été organisée conjointement par l’Etat (DARES) et Pôle emploi. Ce sont les premiers résultats de cette évaluation qui viennent d’être publiés, sous la signature de  Gwenn Parent et Anne Pasquereau de la DARES, Anita Bonnet et Alexis Gaignon de Pôle emploi, sous le titre : Le Recours aux Opérateurs Privés de Placement pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi en difficulté d’insertion  : le retour à l’emploi à l’horizon de huit mois”  

Une nouvelle fois, les résultats sont clairs, et résumés dans la phrase suivante “8 mois après leur entrée dans le dispositif, les demandeurs d’emploi pris en charge en novembre 2009 ou mars 210 occupent plus fréquemment un emploi lorsqu’ils ont été accompganés par Pôle emploi (43 % contre 38 % pour les OPP), et plus fréquemment un emploi durable

On pourra trouver dans l’étude des informations sur la méthode qui montrent que les précautions permettant une comparaison valable ont été prises, et des nuances sur tel ou tel aspect. Mais les enseignemenrs sont, une nouvelle fois, incontestables. Non seulement l’action des OPP ne peut prétendre obtenir des résultats meileurs que le suivi public, mais c’est le contraire qui est démontré

Cette nouvelle évaluation est l’occasion d’un petit retour historique, avant la fusion ! C’est  l’UNEDIC, insatisfaite du travail de l’A.N.P.E. en matière d’accompagnement des demandeurs d’emploi qui avait pris l’intiative de faire appel à des opérateurs privés, formule qui depuis a fait florès. La justification de cet appel était simple, un impératif de bonne gestion des fonds de l’assurance-chômage. En effet, un retour accéléré à l’emploi devrait entraîner une réduction de la durée d’indemnisation, et donc du coût de celle-ci, et l’économie réalisée doit compenser, largement, la rémunération attribuée aux prestatires privés.

Cette argumentation était partagée entre le MEDEF et la CFDT, qui assurent depuis 1993 la présidence et la vice présidence de l’UNEDIC , de façon alternée tous les deux ans, selon les règles propres du paritarisme.

Cette action é été évaluée. L’évaluation de ces expérimentations a été coordonnée par un comité de pilotage présidé par  Claude Seibel, Inspecteur général honoraire de l’Insee, et composé de représentants de la Dares, de l’ANPE et de l’Unedic, et des chercheurs chargés de l’évaluation. Le résultat de ce travail a été publié sous le titre ”L’évaluation des expérimentations d’accompagnement renforcé des demandeurs d’emploi conduites par l’UNEDIC et l’ANPE en 2007 en Octobre 2009.

De ce travail rigoureux, nous extrayons la citation suivante “S’agissant des OPP, la réduction du nombre de jours d’inscription (avec ou sans activité réduite) au cours des 12 premiers mois est faible (entre 1 et 4 jours) et non statistiquement significative.

Ce résultat, peu attendu au vu des performances des OPP en terme de sortie vers l’emploi, s’explique notamment par le fait que les sorties des listes pour d’autres motifs que l’emploi (radiation notamment) ont été moins fréquentes pour les demandeurs d’emploi accompagnés par les OPP. Ceci pourrait être une des conséquences de l’externalisation de la prise en charge des demandeurs d’emploi dans le cadre de l’accompagnement par les OPP : l’opérateur privé n’était pas mandaté pour assurer un suivi de la gestion de la liste. Il est aussi possible que le suivi renforcé et régulier assuré par les OPP ait conduit à davantage responsabiliser le demandeur d’emploi dans ses obligations vis-à-vis de l’ANPE.”

Cette étude qui, en règle générale, ne permet pas de conclure définitivement sur l’existence d’avantages significatifs du suivi par les opérateurs externes par rapport au suivi par les services de l’A.N.P.E. met par contre en évidence, sans équivoque, un point : le suivi par les opérateurs privés n’entraine pas de réduction “statistiquement significative” de la durée d’inscription en tant que demandeur d’emploi, et en conséquence n’entraine pas la réduction des coûts d’indemnisation attendus. Difficile de dire plus clairement que l’objectif voulu par les gestionnaires de l’UNEDIC n’a pas été atteint : ceux-ci ont payé cher ultérieurement cette façon de remettre en cause, par cette intiative non concluante,  la complémentarité historique des rôles entre l’UNEDIC, qui gèrait un système assurentiel et l’ANPE qui accompagnait la recherche d’emploi et gérait la mise en relation entre les offres et les demandes.

Le contexte a bien sur évolué depuis la fusion, que cet épisodé éclaire.  Mais il se confirme, étude après étude que jamais aucun avantage significatif n’a pu être analysé concernant l’intervention des OPP.

Et malgré cela, le Contrat d’Autonomie continue. Pourtant la circulaire définissant les conditions de mise en place confirme que ce dispositif connait, depuis son origine, selon ses propres critères, un taux d’échec de 57,5 %, et un taux d’accès à l’emploi de seulement 28 %. Et, selon une pratique maintes fois dénoncée, mais pour autant toujours perpétuée, l’Etat français mobilise une fois de plus des moyens du Fonds Social Européen, pour un programme national au détriment des acteurs locaux, en s’asseyant, une nouvelle fois, sur le principe d’additionnalité pour faire de la substitution.

Par polo - Publié dans : Presse - Communauté : FO
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